Alice Springs & Uluru -Kata Tjuta National Park


Peu de voyageurs avec moi dans le bus. Petite immersion dans le pays et sa population…  Sous mes yeux, un défilé d’étendues arides et de petits villages au milieu de nulle part sur la Stuart Highway ( construite en l’honneur de john Macdougall Stuart, premier homme à avoir effectué le trajet nord-sud  et à dresser une carte de la région). Un petit air de savane africaine plane sur cet endroit malgré la présence d’une route en très bonne état qui traverse le pays et le désert !

Au cours de la première journée, les espaces défilant sous mes yeux ne possèdent que pour faune et flore, des petites broussailles à ras le sol de couleur dorée, quelques arbres clairsemés qui résistent à la chaleur et de nombreuses termitières (fourmis blanches) plus ou moins grandes parsemant chaque recoin de ce désert immense. Nous roulons sur des milliers de kilomètres puis, au crépuscule, nous arrivons à Mount Isa. Je ne distingue plus alors le paysage si ce n’est la pleine lune à l’horizon. A  3 h du matin, nous faisons halte à Tenant Creek et je dois changer de bus pour me diriger vers Alice Springs. On reprend toutes ces petites affaires et on s’installe dans un autre véhicule. Une petite sieste bien méritée s’impose. Réveillée par la lumière du jour, je ne peux que m’émerveiller de l’apparition du sable rouge dans le paysage onduleux. Derrière moi, Townsville, mon voyage dont la fin se profile à l’horizon et puis tous mes bagages réels, émotionnels et intérieurs que je traîne avec force sans pouvoir m’en détacher…

Nous nous arrêtons au petit matin pour prendre un petit-déjeuner dans une «  roadhouse » au charme suranné. L’arrivée  à« The Alice » s’effectue vers 9h30. La ville est entourée des Macdonnell Ranges (chaîne de montagnes) et est traversée par une rivière asséchée la plupart du temps, la Todd river. Lorsque je sors du bus, la chaleur m’étouffe. Il fait près de 40°C ! Un employé du centre d’informations touristiques m’indique aimablement la direction de l’auberge qui se situe à quelques pas seulement de là où je me trouve. Je dois, pour m’y rendre, traverser la rue commerçante principale (Todd Mall). Le bâtiment de ma destination fut le tout premier cinéma de la ville et a été réhabilité en auberge (Alice Springs YHA)afin d’éviter sa destruction. C’est l’entreprise YHA qui a racheté les lieux.  Il est trop tôt pour accéder à la chambre. Je décide de me rendre dans le centre-ville pour faire un petit tour des lieux. Le quartier central est petit. Il y a des indications historiques un peu partout qui informent les visiteurs qu’Alice est une municipalité relativement jeune (1862, premier trajet sur les terres par John Macdouall Stuart) et qui a été créée à l’origine pour installer le télégraphe et relier Darwin à Adelaïde. J’avoue être surprise de trouver des supermarchés avec des produits frais en plein milieu de ce désert à 1500 km de Darwin et 1532 km d’Adelaïde, «  in the middle of nowhere »! On y trouve un Mcdonald (et oui, la mondialisation se faufile vraiment partout ! Ha ! Acculturation quand tu nous tiens !!!), un Subway et bien d’autres enseignes très connues ! Incroyable !

Je flâne un peu dans les rues puis je rentre m’installer à l’auberge. Ce que j’observe en parcourant la ville et qui me frappe, c’est un grand nombre d’aborigènes qui semblent végéter et errer sans trop savoir quoi faire. Je me dis que c’est peut-être juste une impression mais cela reste en mon esprit et me rappelle un séjour à Djibouti et ce que j’ai pu observer de ses habitants consommant du Khat tous les après-midi en ayant un regard vide pendant quelques heures, laissant la ville habitée temporairement par un calme étrange. Il me faut découvrir si ces situations sont semblables avant d’être aussi catégorique sur le sujet. Je laisse cette impression de côté. La première journée est courte car je dois partir très tôt le lendemain pour le Parc National Uluru-Kata Tutja.


Uluru – Kata Tjuta National Park

Le parc national d’Uluru-Kata Tutja s’étend sur une surface de 1326 km2.  Les européens pénétrèrent dans le désert australien pour la première fois dans les années 1870. Les deux monolithes Uluru et Kata Tutja furent découverts à l’occasion de l’expédition pour la construction de la ligne télégraphique d’Overland en 1872.  Lors de ce périple, Ernest Giles découvre Kata Tjuṯa depuis le Kings Canyon et le nomme Mont Olga. L’année suivante William Christie Gosse découvre Uluṟu et le nomme Ayers Rock, du nom de Sir Henry Ayers, le premier ministre d’Australie-Méridionale de l’époque. Ce n’est qu’à partir de 1976 avec l’ Aboriginal Land Rights (Nothern Territory) que le droit des aborigènes sur la terre est reconnu par la loi australienne. Il faut  cependant attendre 1985 pour que le domaine soit géré conjointement par les services de l’état et les autochtones. En 1987, Le parc est répertorié comme patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que site naturel et est créé en tant que tel par la même occasion grâce à la reconnaissance d’Uluru comme le plus grand monolithe au monde (348 m par rapport au sol.) Il faut attendre 1993 pour qu’il retrouve son nom aborigène : Uluru- Kata Tjuta.

En 1994, le parc est à nouveau listé comme patrimoine mondial de l’UNESCO mais cette fois, en tant que patrimoine culturel. Il faut, en effet, se rendre sur les lieux pour réaliser que l’aura spirituelle du parc est intimement liée à ces créations de la nature et que lorsque nous entrons dans celui-ci,  nous pénétrons dans des sites sacrés chargés de mythologies et d’histoires.

La culture aborigène est riche et complexe. Chaque tribu possède son dialecte, ses règles et ses codes. Il est donc difficile de connaître d’une manière globale ce qu’est la culture aborigène. Je n’en ai qu’un petit aperçu avec la tribu Anangu qui est celle du parc national dont il est question ici.


 

La visite du Parc :

Il y a un peu de route à effectuer avant d’arriver au fameux parc national car celui-ci se trouve à 468 km d’Alice. Nous avons 2 guides pour nous accompagner : Lyn et Til ! Il nous donne des indications sur le programme de la journée et nous informent sur la végétation de la région et la culture aborigène en nous contant des anecdotes. Il y a aussi de longs moments de pauses durant lesquels, je dois avouer, je m’assoupis un peu. Après un arrêt dans une « roadhouse » (et oui, il faut bien faire des arrêts « confort» même dans le désert et faire tourner l’industrie touristique !), nous arrivons au Mount Connor ou  Fool -Uru car beaucoup de gens se méprennent sur ce monolithe en le confondant souvent avec Uluru. Un petit arrêt pour prendre une photo et traverser la route pour apercevoir un désert de sel blanc, époustouflant, au milieu du rouge flamboyant ! Puis, nous repartons vers le parc car nous avons encore 2 heures et demi de route à effectuer. Des hôtels ont été construits juste devant l’entrée. Il y a des établissements de luxe et des hébergements plus abordables. Lyn nous raconte qu’il y a même un supermarché et l’aéroport ! C’est juste incroyable de voir toute cette modernité au milieu de ce désert, si éloignée de tout ! Je suis impressionnée et étonnée mais je ne saurais dire si cela est une bonne chose…

 Les choses sérieuses commencent après le passage par le guichet et la délivrance des tickets. Devant nous, se dresse le magnifique Uluru. Nous nous approchons puis nous bifurquons sur la droite pour aller en direction de Kata Tjuta beaucoup plus important pour les aborigènes que ne l’est Uluru contrairement à la croyance populaire. Le parc est parfaitement entretenu et aménagé pour les visiteurs. Des aires de parkings ont été installées tout en préservant la nature. Nous nous arrêtons pour un petit parcours de 40 min de marche autour des dômes de Kata Tjuta.  La promenade se fait sans guide à ce moment-là ! Nous marchons un peu pour observer ces rochers immenses puis nous retournons vers le bus. L’arrêt suivant est le centre culturel aborigène. Le bâtiment s’insère parfaitement dans son environnement car il a été réalisé à partir de matériaux naturels du parc. Il est interdit de prendre des photos et ce, pour des raisons liées aux croyances des aborigènes. Le centre culturel est composé de petits îlots que nous pouvons visiter sans ordre précis. La première exposition relate les croyances de la tribu Anangu et la Tjukurpa ou « le temps du rêve » qui explique la création du monde, de l’Australie et de ses habitants. En effet, « le temps du rêve » est la période qui précède la création de la terre à une époque où tout n’était que spirituel et immatériel. Dans la plupart des tribus aborigènes, toutes les formes de vie présentes sur la terre constituent une unité complexe en constante interaction et dont l’origine remonte aux grands esprits des ancêtres de l’époque du « temps du rêve ». Cette période est connue des aborigènes par la tradition orale et l’enseignement par l’art pictural.

La légende principale qui est liée à Uluru est la suivante :

« la vie consciente serait la création par le rêve d’entités désignées sous le nom de « fourmis vertes » ou « hommes éclairs » jaillis tels la foudre du« serpent arc-en-ciel » pour ensemencer la terre en y créant les plantes et les animaux, dépendant étroitement les uns des autres, avant de se réfugier, profondément enfouis sous les blocs de grès présents sur les sites sacrés, tel celui d’Uluru (Ayers Rock)». Terraformation

De ce fait, nombreux sont les sites sacrés sur le monolithe, sites qu’il n’est pas possible de photographier .Après cette visite culturelle très enrichissante, le bus nous mène vers Uluru. La guide de notre visite nous indique les lieux sacrés et nous raconte leurs histoires mystiques. Pour les aborigènes, les traces du « serpent arc-en-ciel » et de la création sont toujours présentes sur le rocher. Il y a aussi des grottes qui étaient utilisées par les femmes pour préparer la cuisine et enseigner la faune et la flore aux enfants. Toutes ces informations nous sont contées lors d’une marche à la base du rocher. Il y a, en effet, la possibilité de monter sur celui-ci et des installations ont été mises en place pour ce faire mais Lyn nous explique que les aborigènes sont contre l’ascension du rocher par les touristes. Eux-mêmes s’y refusent. Il me semble alors respectueux de suivre leur souhait.

Un dernier arrêt un peu plus loin pour avoir ne vue d’ensemble d’Uluru puis nous nous dirigeons vers le lieu de rassemblement des bus touristiques d’où il est possible de voir le coucher du soleil sur le rocher.  Un barbecue nous attend ! Le moment est juste exceptionnel ! Un verre de champagne et un dîner face à Uluru ! Ce lieu est chargé de spiritualité émanant autant de ces trésors de la nature que des mythologies qui y sont liées. Nous avons tous conscience que ce moment est particulier et qu’il restera gravé en nos mémoires ! La soirée s’achève ainsi avec cet instant partagé en toute convivialité !

Malheureusement, le soleil a disparu et il nous faut reprendre la route (environ 5 heures). En sortant du parc, incroyable, des embouteillages ! Nous patientons jusqu’à la sortie puis, la circulation redevient fluide. Après avoir aperçu quelques kangourous sur le bord de la route, Lyn et Til décident de nous projeter un film tourné dans le parc national…Le temps s’écoule et je m’assoupis.

Minuit : arrivée à Alice Springs ! La journée a été délicieuse et ce fut l’un de mes plus beaux souvenirs!

Durant cette journée, j’ai pu discuter avec quelques personnes du groupe. L’une d’elle, Ly-Anne, australienne et vivant temporairement à Alice Springs, m’a confirmé l’impression que j’avais eue sur les aborigènes de la ville. Elle est, en effet, travailleuse sociale et elle me raconta qu’il y avait beaucoup de problèmes d’alcool et de chômage chez cette population. Cette situation est plutôt triste car la région est riche de leur culture et l’industrie du tourisme autour de celle-ci est considérable. Je pensais que les retombées économiques étaient aussi bénéfiques aux premiers intéressés mais il n’en n’est rien visiblement. De ce fait, il règne en fin d’après-midi un petit climat d’insécurité dans les rues d’Alice…

Malgré cette triste constatation, mon séjour dans l’Outback fut enrichissant et passionnant ! Je pars demain pour Melbourne avec d’autres découvertes en perspective !


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